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La Beauté : Une Question de Perception et de Résonance Intérieure

La beauté est une énigme qui traverse le temps, les cultures et les sensibilités. Ce sujet m’a toujours fascinée, interrogée, et à une époque, il m'a même tourmentée. Est-elle purement esthétique, ou réside-t-elle dans une profondeur plus subtile, touchant à l’émotion ?


Peut-on parler de beauté sans évoquer ce qu’elle suscite en nous ? Un simple visage harmonieux peut être agréable à regarder, mais ce qui marque, ce qui bouleverse, c’est cette force invisible qui s’en dégage. La beauté véritable n’est pas une simple perception visuelle, elle est un ressenti, une onde qui traverse le regard et touche quelque chose en nous.


Si la philosophie antique nous a laissé des réflexions majeures sur ce sujet, la pensée moderne et contemporaine a enrichi cette quête d’un regard plus intime et plus spirituel. Comme mes lecteurs le savent, François Cheng est un maître spirituel pour moi, et sa vision de la beauté éclaire particulièrement mon travail et ma perception du monde...


Portrait artistique d'une femme au profil illuminé, avec une chevelure fluide semblant se fondre dans un univers cosmique rempli d’étoiles et de lumière. Son regard paisible évoque une beauté intérieure et une connexion avec l’infini. Stephanie Bernard, SB Make-Up.

De Platon à François Cheng : la Beauté comme Élévation


Depuis l’Antiquité, les philosophes tentent de définir la beauté. Platon voyait en elle une manifestation du divin, une ascension vers le Bien et la Vérité. Mais cette vision a évolué avec Kant, qui distinguait la beauté pure (celle qui nous touche sans aucun enjeu utilitaire), et la beauté soumise aux jugements et aux conventions sociales.


Nietzsche, lui, opposait la beauté apollinienne (ordre, harmonie) à la beauté dionysiaque (instinct, chaos), affirmant que la vraie création naît de la tension entre ces deux forces.

Plus proche de nous, Merleau-Ponty a montré que la beauté n’est pas seulement perçue par l’intellect, mais ressentie dans le corps et dans l’expérience sensible. Elle est une vibration, une présence qui nous touche et nous transforme.


Ce qui est fascinant, c’est que chaque époque a redéfini la beauté à travers son propre prisme. Les Grecs glorifiaient l’équilibre et la perfection sculpturale, la Renaissance exaltait l’harmonie divine, tandis que les artistes modernes ont brisé ces codes pour donner à la beauté un caractère plus instinctif, plus brut. Aujourd’hui, dans un monde saturé d’images et de filtres numériques, cette quête d’une beauté authentique devient essentielle.


C’est cette dimension que François Cheng explore avec une rare profondeur. Pour lui, la beauté est indissociable du vivant et du souffle spirituel. Elle ne se limite pas à l’harmonie formelle : elle est un chemin d’éveil, une communion entre l’être et l’univers.


Dans les Cinq méditations sur la beauté, il écrit :

« La beauté a une puissance salvatrice. Elle nous arrache à l’enfermement, nous ouvre un espace intérieur où souffle l’infini. »

A travers cette phrase, il veut dire que la beauté peut nous sauver, nous apaiser, voire nous guérir sur le plan spirituel et émotionnel. Qu'elle peut nous sortir de nos préoccupations et de nos blocages en nous permettant prendre du recul, de respirer, de nous reconnecter au monde. Qu'elle n’est pas seulement extérieure : elle ouvre une porte en nous, un espace où nous pouvons ressentir quelque chose de plus grand que nous-mêmes.

Cette approche me parle beaucoup. Car lorsque l’on regarde un visage, il ne s’agit pas seulement d’en apprécier les traits, mais de percevoir la lumière qui en émane. Un regard peut porter une infinité de mondes, une peau raconte une histoire, une expression révèle un instant d’authenticité.


La beauté, dans mon travail et ma vision du maquillage, n’est pas un simple embellissement : Elle est sorte de révélation de soi, un accès à une forme de vérité intérieure, tant pour moi, en tant que maquilleuse et artiste des couleurs, que pour le modèle qui, une fois mon travail achevé, se découvre sous un nouveau jour.


 

Beauté et Psychologie : Une Résonance Émotionnelle


Si la philosophie nous éclaire sur la nature de la beauté, la psychologie nous aide à comprendre pourquoi elle nous bouleverse tant.


Notre perception du beau est conditionnée par nos émotions, nos expériences et notre inconscient. Un visage, une couleur, une lumière particulière peuvent nous toucher profondément, non pas parce qu’ils sont objectivement « parfaits », mais parce qu’ils résonnent avec notre histoire et nos aspirations.


Nous ne voyons pas simplement avec nos yeux, nous voyons avec notre vécu. Une cicatrice, un sourire, une ride au coin des lèvres ou des yeux, tout cela prend sens selon ce que nous avons traversé. Parfois, nous sommes émus devant un visage sans savoir pourquoi : ce n’est pas l’esthétique qui nous touche, mais l’histoire silencieuse qu’il raconte.


Et puis, il y a le regard des autres. Comment notre propre beauté peut-elle changer en fonction de celui qui nous observe ? Un même visage peut être perçu différemment selon le contexte, les émotions qu’il suscite, ou simplement l’histoire que l’observateur projette sur lui. Le poids du regard social transforme ce que nous pensons voir.


La psychologie des couleurs, par exemple, montre que certaines teintes éveillent des émotions précises, liées à notre inconscient collectif et à nos expériences personnelles. Le rouge attire et dynamise, le bleu apaise, le vert régénère… Mais au-delà des couleurs, c’est l’énergie d’une personne qui crée sa beauté.


D’où vient cette énergie ? De la confiance en soi, de l’authenticité, de la présence. Une personne qui se sent en accord avec elle-même rayonne d’une beauté qui dépasse les critères classiques. François Cheng le dit magnifiquement :


« Toute vraie beauté est un appel. Elle nous attire vers quelque chose de plus grand que nous. »

C’est exactement ce que je ressens en maquillant une personne : je ne cherche pas à lui imposer une beauté standardisée, mais à révéler ce qui en elle demande à être vu, reconnu, magnifié.

 


La Beauté Comme Expérience Spirituelle


Dans un monde obsédé par l’apparence, il est essentiel de se reconnecter à une vision plus profonde de la beauté.


Pour Simone Weil, la beauté véritable nous invite à dépasser notre égoïsme et à nous ouvrir à quelque chose de plus vaste :


« La beauté séduit la chair pour obtenir la permission de passer jusqu'à l’âme. »

C’est une pensée que je peux ressentir lorsque je maquille quelqu’un. Car au-delà du geste technique, au-delà des couleurs et des textures, il y a un instant particulier où la personne se regarde et perçoit enfin quelque chose d’elle-même qui était enfoui.


Ce passage vers l’âme est ce qui donne tout son sens au maquillage dans ma pratique. Ce n’est pas un masque, mais un langage. Un moyen d’exprimer des émotions, de se sentir en phase avec son intériorité, de retrouver un alignement entre son apparence et son essence profonde.


La beauté n’est pas une perfection figée, mais un mouvement, une résonance entre l’être et le monde. Elle est-ce frisson qui nous traverse face à une œuvre d’art, un paysage, un regard sincère.


Peut-être, alors, que la beauté n’est pas quelque chose que l’on possède, mais quelque chose que l’on partage. Un éclat, une vibration, une invitation silencieuse à voir autrement.

Je crois en une beauté qui va au-delà du paraître, qu'elle nous révèle à nous-mêmes. Une beauté qui, comme l’écrit François Cheng, nous relie à la source même du vivant.


Merci de m’avoir lu, j’espère que cet article vous a inspiré et qu’il vous aura été utile ! Si c’est le cas, n’hésitez pas à le partager autour de vous !

 

Avec bienveillance,

Stéphanie 💕

 

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Bonjour et Merci pour votre lecture et votre visite sur mon site ! J'espère que vous avez apprécié votre passage ici et que vous repartirez avec de nouvelles inspirations. 

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